CHÂTEAU DE DUMPHLUN

Propriété privée

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Depuis le XIIIe siècle, je domine la vallée de l’Andarge, entre Nevers et Château-Chinon. A mes pieds s’étendent les bois de Cizely, de Billy-Chevannes et de Saint-Benin d’Azy. Mon nom est un peu étrange. Ses racines celtes,  “dun” (place forte) et  “flun” (cours d’eau), rappellent que mon site est habité  depuis l’antiquité gallo-romaine.

 

Ma tour des XIIIe et XIVe siècles proclame fièrement mon passé militaire. J’ai gardé le passage de ces voies anciennes de la Nièvre jusqu’aux fracas de la Guerre de Cent ans. Remanié au XVe siècle, je suis devenu l’une des seigneuries du Nivernais. Philibert d’Anlezy, écuyer, homme d’armes, maître d’hôtel des Comtes de Nevers en 1475 tenait audience entre mes murs. Mon aile la plus ancienne porte encore la marque de cette renaissance.

 

J’ai appartenu ensuite à Imbert d'Anlezy, l'un des cent gentilshommes de la Maison du Roi. Vétéran des guerres d'Italie, il écrivit chez moi son Livre sur la Fortune (1558), dédié au jeune duc d'Alençon et très admiré à l’époque pour ses illustrations qui étaient de la main d’un grand maître graveur, Jean Cousin. 

 

A la fin de la Renaissance, je suis passé aux mains des Rémigny, famille originaire d’Italie (Rimini) arrivée dans la suite de Catherine de Médicis et des ducs de Gonzague (1547 à 1559) en Nivernais. Ce sont les Rémigny qui ont construit au XVIIIe siècle mon aile nouvelle, tournée vers le sud et qui ont agrandi mes communs. La ferme reprend, en les simplifiant, mes beaux volumes et mon nouveau toit à la Mansart. L’enfilade de mes granges est désormais aussi longue que Notre Dame. L’ensemble que je constitue est typique du XVIIIe siècle nivernais, où la maison seigneuriale est le centre d’un ensemble agricole prospère.  

 

La Révolution, n’a pas souri aux Rémigny. Après une vingtaine d’années de procès entre leurs descendants, je suis devenu, à la fin de l’Empire, la propriété d’une famille de magistrats venus de Paris. Mes nouveaux propriétaires se sont beaucoup intéressés à l’agriculture et j’ai prospéré pendant tout le XIXe siècle. Ma ferme était l’une des plus importantes du Nivernais et un lieu d’innovation pour les techniques de culture et d’élevage. Le premier poulain nivernais exporté aux États-Unis en 1887 se nommait « Dumphlun!"

 

En ce début de XXIe siècle, je porte encore beau mais les bâtiments de ma ferme, qui n’ont plus été habités ni exploités depuis trente ans, sont en grand péril. Au XXe siècle, ils avait été séparés du reste de mes bâtiments, et sont passés de mains en mains, sans soin de leurs toitures. Tant et si bien qu’aujourd’hui c’est l’ensemble des 150m de granges et d’écuries en enfilade qui menacent ruine.

 

Mais, l’espoir renaît. Mes propriétaires ont réussi il y a deux ans à réunir mes bâtiments et le ministère de la culture va étendre sa protection, au titre des monuments historiques, à tout mon ensemble : château, ferme et granges comprises. Les architectes du patrimoine pensent que mes communs peuvent être sauvés. Un projet se dessine pour que je puisse à nouveau accueillir des habitants et contribuer au rayonnement culturel des Amognes. 

Photographies : Chasseur de châteaux 

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